Le port veut relancer la filière réparation navale

Doté de trois formes de radoub et de nombreux bassins, le port du Havre investit en 2017 pour moderniser ses équipements et relancer la filière réparation navale.

Ce jour de février, quartier des Docks, les trois cales sèches sont toutes occupées. Un pousseur et une barge de la Compagnie fluviale de transport (CFT), un remorqueur de la compagnie Boluda, un paquebot de croisière fluviale de Yachts de Paris font l’objet de différents travaux simultanés : carénage, peinture, chaudronnerie, propulsion. Le port du Havre accueille ainsi chaque année, sur le site des Formes de l’Eure, du nom du quartier où elles ont été construites au xixe siècle, entre 40 et 50 unités.
Jusqu’à 180 mètres de Long “Nous pouvons accueillir, 24 heures sur 24, tout type de navire jusqu’à 180 mètres de long et 24 mètres de large pour des travaux d’entretien ou de réparation”, explique stéphane carpentier, responsable du pôle Exploitation services navires au Grand Port maritime du Havre (GPMH). Au cœur du port “ancien”, en bassin à flot, ces installations sont composées de trois formes accessibles aux navires de 18.000 tpl (tonnes de port en lourd). Pour la réparation à flot, des postes à quai sont disponibles pour les navires de 150 mètres de long. Côté services, le port, où trente personnes travaillent sur le site dédié, assure la fourniture d’énergie électrique et d’air comprimé et les prestations de levage, avec grues mobiles et vérification des descentes de charges. Une trentaine d’entreprises locales sont spécialisées dans les différentes opérations de réparation. “Cette activité est indispensable dans un port de la taille du Havre”, note franck Bruger, directeur des opérations au GPMH. Alors le port investit. En 2008 et 2011, les travaux ont porté sur la refonte des terre-pleins et du réseau d’assainissement, à hauteur de 1,1 million d’euros, sur ce site de 4,5 hectares. Les bateaux-portes des formes 4 et 6 ont également été remplacés par des portes à clapet. En 2017, ce sera au tour de la forme 5 d’être modernisée. Montant de l’investissement : 2 millions d’euros. Le GPMH va également s’équiper d’une grue portuaire sur pneus, d’une capacité de levage jusqu’à 35 mètres (plus de 1 million d’euros). Le port veut aussi “refédérer les entreprises autour de la filière”. Un groupe de travail s’est mis en place, avec la CCI Seine Estuaire et Le Havre Développement, l’agence de développement économique de la Communauté de l’agglomération havraise (Codah). “Le marché existe”, assure Franck Bruger. Notamment avec le développement de la croisière fluviale sur l’axe Seine.
Natalie Castetz – L’Antenne 23/02/17