Le GHAAM fait montre d’un optimisme prudent

Seuls une vraie stratégie portuaire dictée par l’État et le développement du transport massifié et de l’hinterland permettraient un développement significatif du trafic conteneurisé, selon le Groupement Havrais des Armateurs et Agents Maritimes (GHAAM)

“Il est temps de passer à l’action”, ont lancé les trois vice-présidents du Groupement havrais des armateurs et agents maritimes, au sortir de leur assemblée générale ordinaire, le 7 juin. Loin de se satisfaire des quelque 3 millions d’EVP traités en 2017, Matthieu Dehais (Cosco Shipping) a rappelé que l’ambition affichée en 2016, lors de l’inauguration de Port 2000, était d’atteindre les 6 millions d’EVP. Depuis, le terminal multimodal a été inauguré, en 2014, avec une capacité prévue de 300.000 EVP par an. Or, seulement 80.000 EVP sont actuellement traités. “La tendance est à la prudence, les 3 millions d’EVP ne sont pas acquis”, a ajouté Benoît Douillet (SHGT). Pour les représentants du Ghaam, qui ont élu le 7 juin, pour deux ans, Gilles Lanfranchi, président de la station de pilotage Le Havre-Fécamp, comme troisième vice-président, la croissance des trafics et des escales repose sur plusieurs conditions, dont deux prioritaires. “Il faut une vraie stratégie portuaire dictée par le ministère, avec un signe politique fort du gouvernement ainsi qu’une utilisation optimale des quais et des moyens d’évacuation efficaces, ce qui implique un véritable développement du transport massifié et d’un hinterland digne de ce nom”.

Diversifier Les activités

Quelque 85 % des flux destinés à l’hinterland du Havre se font aujourd’hui par la route, quand la part du rail atteint à peine les 4 %, celle du fleuve 10 %. Un rappel crucial à la veille de l’annonce des grandes décisions d’investissements, que le Grand Port maritime du Havre communiquera le 29 juin, lors du Conseil de surveillance : accès fluvial direct à Port 2000, agrandissement de ce dernier, développement du centre roulier et du port intérieur…
Les représentants locaux des grands armements se veulent optimistes, en rappelant les atouts du port du Havre, tels que “sa situation géographique exceptionnelle, un accès maritime rapide, des services portuaires d’une grande fiabilité, une bonne coopération avec les services douaniers”. Et de se réjouir que “ces atouts trouvent écho auprès des plus gros armements qui investissent dans nos terminaux et parient sur le port”. Le Ghaam prône “la diversification des activités”, vers le roulier, la croisière, le colis lourd et le vrac. Il rappelle également : “L’économie maritime mondiale nous affecte de plein fouet. Alliances et fusions, encore en mouvance, font que notre constitution même a changé. Les sièges des organes décisionnaires ne sont plus au Havre ni en France pour la plupart, voire ne sont plus en Europe”. Pour Gilles Lanfranchi, nouveau vice-président, le Ghaam a notamment pour mission de “promouvoir le port du Havre en étant proactif avec une communauté portuaire soudée autour d’un projet global et ambitieux”. Et ce, avec “une stratégie commune au sein de l’Union maritime et portuaire”.

Natalie Castetz (L’Antenne du 18/06/2018)