Création de la Fédération des Communautés Portuaires

Dans l’esprit du GIE Haropa rassemblant les autorités portuaires de Paris, Rouen et Le Havre, les communautés portuaires de l’axe Seine sont à l’initiative d’une nouvelle fédération dont le premier président est le Havrais Michel Segain.

Autour d’une nouvelle fédération créée sous la forme d’une association d’ici le 21 avril, les communautés portuaires de Paris, Gennevilliers, Rouen et du Havre ont décidé d’unir leurs forces. Baptisée Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine (FCPAS), la mission de la nouvelle entité est “défendre et promouvoir les intérêts de l’ensemble des membres de chacune des Unions. Son ambition est de peser sur les dossiers stratégiques pour le développement de l’axe Seine, notamment par une meilleure prise en compte par l’État et de ses services du poids économique représenté par les quatre ensembles portuaires”. Avec un siège basé au Havre, sa présidence sera tournante tous les deux ans et le premier mandat est confié à Michel Segain, président de l’Union maritime et portuaire du Havre (Umep). Il est assisté dans cette fonction par trois vice-présidents : Philippe Dehays, président de l’Union maritime Rouennaise (UPR), Olivier Jamey, président de la communauté portuaire de Paris, et Erwan Le Meur, son homologue à Gennevilliers. Ensemble, les ports de Paris, de Gennevilliers, de Rouen et du Havre rassemblent un millier d’entreprises qui emploient 60.000 salariés.

Érick Demangeon / L’Antenne du 19 Avril 2016

FCPASLa FCPAS, un interlocuteur force de propositions sur l’axe Seine

Après avoir signé ses statuts constitutifs le 21 avril à Paris, la Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine prépare sa feuille de route. Avec le concours des professionnels privés, membres de ses quatre unions portuaires, le travail commence pour forger une culture commune, susceptible de créer de futures collaborations compétitives et durables.

À l’heure de l’enquête d’utilité publique consacrée à la liaison fret Gisors-Serqueux, l’union des communautés portuaires de l’axe Seine prend tout son sens, selon Michel Segain. Pour le président de l’Union maritime et portuaire du Havre nommé à la tête de la nouvelle fédération pour deux ans, « l’enjeu est de peser sur les sujets stratégiques pour l’avenir de l’axe Seine et pour l’économie nationale. Avec Haropa, les collectivités locales et les pouvoirs publics, il est urgent d’adopter une nouvelle approche, de chasser en meute, préparer et répondre ensemble aux dossiers européens pour lesquels nous sommes en compétition ». Dans cet esprit, la Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine (FCPAS) a déjà rencontré le préfet Philizot, délégué interministériel au développement de la vallée de Seine. Une nouvelle rencontre est prévue en juin enrichie d’échanges avec les collectivités territoriales. Si la liaison fret Gisors-Serqueux se classe au rang de ses priorités, Michel Segain insiste aussi sur « la nécessité de réindustrialiser l’axe Seine », et de promouvoir l’intermodalité via, par exemple, l’aménagement d’un accès fluvial direct à Port 2000.

Apprendre à se connaître

Si les projets portés par les quatre ports ne manquent pas, l’une des premières missions de la FCPAS « est de faire travailler nos communautés et ses professionnels ensemble. Pour cela il faut mieux se connaître », déclare Erwan Le Meur, vice-président de la nouvelle fédération et à la tête de la communauté portuaire de Gennevilliers.

« L’axe Seine doit devenir un gateway logistique européen »
Une vision commune avec les deux autres vice-présidents de la FCPAS : Philippe Dehays de l’Union portuaire rouennaise et Olivier Jamey de la Communauté portuaire de Paris : « L’axe Seine doit devenir un gateway logistique européen », défendent-ils en écho aux missions parlementaires en cours sur les façades maritimes nationales et leurs dessertes terrestres auprès desquelles la fédération souhaite être entendue. Dans la perspective du Grand Paris et la mise en place de chaînes logistiques intégrées dans des filières diverses jusqu’à la distribution urbaine, « nos communautés ont des expertises à partager pour un développement harmonieux et durable de nos métiers complémentaires », assure Olivier Jamey. « Cette collaboration doit être synonyme de compétitivité et de qualité de service pour nos clients », approuve Philippe Dehays en soulignant que ce chantier doit être lancé sans attendre en l’élargissant à la fiscalité et au foncier.
Érick Demangeon / L’Antenne du 27 Avril 2016